RDC : Greenpeace Afrique appelle l’UE à exiger l’annulation des blocs pétroliers dans les parcs nationaux

L’Ong internationale Greenpeace Afrique demande à l’Union Européenne d’exiger l’annulation des blocs pétroliers dans la cuvette centrale selon son engagement pris devant le gouvernement congolais en fin juin dernier. L’ONG estime que l’Union Européenne, est “inerte” aux initiatives d’exploitations minières et pétrolières dans les aires protégées de la RDC.

« Il est grand temps pour l’Union Européenne d’aller au-delà des simples mots et d’arrêter  de soutenir, par son inaction, l’exploration pétrolière dans les parcs nationaux de la République Démocratique du Congo», a déclaré Patient Muamba, Chargé de campagne forêt pour Greenpeace Afrique.

Dans une lettre adressée au Premier ministre intérimaire Bruno Tshibala, l’Union européenne, les Etats-Unis ainsi que le Canada et la Suisse avaient rassuré le gouvernement congolais de respecter l’intégrité et la préservation des parcs nationaux de Virunga et de Salonga qui contiennent valeurs biologiques extraordinaires.

“ L’approbation des contrats de partage de la production associés à des blocs pétroliers couvrant les Parcs nationaux de la Salonga et des Virunga suscite la plus vive préoccupation. Nous rappelons notre attachement au respect de l’intégrité et de la préservation de ces sites aux valeurs biologiques extraordinaires. L’exploitation et l’exploration pétrolière ne sont pas compatibles avec le statut de patrimoine mondial, ni par ailleurs avec l’objectif de développement durable et équitable poursuivi par la RDC….”, soulignait la lettre.

En septembre 2018, les communautés riveraines du Parc des Virunga (Nord-Kivu) avaient présenté à Kinshasa, la pétition collective adressée à Joseph Kabila, alors président de la république, pour dire “non à toute initiative visant à désaffecter ou déclasser les parcs nationaux des Virunga et Salonga ou une de leurs parties pour exploiter le pétrole au préjudice de l’humanité et des communautés locales en République démocratique du Congo”.

Greenpeace réitère sa demande à Félix Tshisekedi d’annuler les blocs pétroliers attribués à la Compagnie Minière Congolaise SPRL (CoMiCo) et à DIG OIL et d’interdire toute activité industrielle dans le parc de la Salonga et les tourbières de la RDC pour éviter au pays et au monde entier une catastrophe écologique.

Le parc national de la Salonga a été créé en 1970. Avec sa superficie de 36 000 km², il est aussi le plus grand parc national, non seulement de la RDC mais de tout le continent africain, et est établi sur les anciennes provinces du Bandundu, de l’Equateur et du Kasaï Occidental. Ses forêts appartiennent au domaine des forêts guinéo-congolaises, plus particulièrement au bloc sud-congolais qui s’étend dans la courbe du fleuve Congo. L’ensemble figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce parc fait partie de la cuvette centrale qui est couverte des tourbière estimées par des scientifiques de stocker jusqu’à 30,6 milliards de tonnes de carbone.

Auguy Mudiayi

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